Comité de défense des quartiers
Riquier-Risso-Barla-République
16 rue Barberis 06300 Nice
Tél. 04 93 26 11 12
Comité de quartier
Turin – Trident – St Roch
6 rue Joseph Arnaldi 06300 Nice
Tél. 04 93 56 27 63
L’averse brusque était à peine tombée sur les auditeurs, les responsables et les élus venus discuter de l’actualité du quartier Turin-Trident et St Roch, que le débat s’ouvrait sur une allocution liminaire du président Henri Bosio, entouré des responsables du collectif pour l’étude du réaménagement. Sans ménagement mais avec précision, Henri Bosio rappela comment les demandes faites à la mairie de Nice étaient restées « lettre morte », tandis que depuis des années on faisait valoir la situation de sous-équipements en salles de sports, espaces verts ou maisons de la culture. Une urbanisation périodique qui a vu accroître la construction immobilière au détriment d’une réflexion sur le tissu urbain ancien, sa conservation ou sa valorisation, n’a fait qu’augmenter le désarroi ou la perplexité des habitants du quartier, plus de 40.000 (Roquebillière – St Roch – Riquier – Turin).
Une toute récente visite du sénateur-maire de Nice, accompagné de ses adjoints et responsables aux services techniques, sur le site même, une annonce reproduite par le quotidien d’informations, semble témoigner d’une volonté de répondre vite aux interrogations des intéressés.
L’exposé des résultats d’une enquête menée auprès des habitants du quartier a été interrompu plusieurs fois par un bruyant groupe d’auditeurs radicaux-conservateurs, mécontent de l’échantillon de population retenu par l’enquête et par des statistiques qui lui ont paru douteuse, a pris par instant l’allure d’une réunion de co-propriétaires en colère. Cet exposé qui demande à être complété et augmenté de sources acquises auprès d’autres associations et représentants des quartiers concernés, a été illustré in fine par un film produit par l’association « le Hublot », fait d’interviews réalisées ces derniers mois sur les questions de carence en espaces de jeux, salles de sports, zones non urbanisées ou maison de la culture où puisse se développer des activités « pour tous », ateliers de formations ou d’expressions sociaux-culturels.
Pour environ 70 personnes présentes dans cet amphi 3, presque aussi animé et secoué par le chahut que fut le 84 de Carlone dans les années 70, l’ensemble de la classe politique était représenté. C’est dire l’enjeu politique dont ne se soucie pas assez la jeunesse étudiante ou vagabonde, les rangs ayant été occupés par des seniors, était d’importance. Certains auront même crié un secret de longévité au delà du niveau octogénaire qui est le leur, voire d’une possible « immortalité ».
Trêve de plaisanterie, André Barthe, faisant suite aux précisions de madame Baus concernant une future politique de logement pour les étudiants, a confirmé l’étude de l’implantation d’un Cedac, centre culturel symétrique de celui de Cimiez, et la signature toujours en vigueur de la convention avec « l’Entre-pont » (fédération de trois compagnies pour la création et diffusion du spectacle vivant dont les locaux sont dans la halle Spada). Le projet de l’auditorium a lui aussi été à l’ordre du jour, projet autour duquel les opposants ou sceptiques sont invités à venir débattre « à sa marge ».
Jacques Victor, suite aux inquiétudes énoncées par Simone Monticelli, a recentré le débat en invitant les représentants de la mairie à construire le projet avec les représentants des diverses associations et du collectif pour l’aménagement, plutôt que de les inviter à prendre acte de l’implantation d’un auditorium, arbre cachant la forêt désertifiée, que celui serve ou non de nouveau symbole à une ville qui entend (c’est le cas de dire), se proposer comme capitale européenne de la culture. Le conseiller général a également insisté sur l’importance patrimoniale que représente à lui seul le bâtiment Spada qu’il faut rénover dans les règles de l’art, comme cela s’est fait ailleurs. Sans doute la photographie de moments forts de cette culture ouvrière, en gigantesques bâches, comme cela se fait très habituellement pour des expositions d’art contemporain, aurait-elle un rôle à jouer dans la réminiscence d’un passé tout proche, que les populations actuelles et résidents de demain devront prendre en compte. Il existe une via Nizza à Turin, une route de Turin à Nice, profitons de ces possibilités que nous avons encore de jeter des idées de passerelles et de faire admettre aux décideurs qu’un projet se décide à plusieurs afin qu’il soit d’utilité publique. On attend la jeunesse venir grossir les rangs des participants à la prochaine concertation.
Denis Chollet